Zones fonctionnelles des oiseaux hivernants (période internuptiale)
Situé au cœur d’une des principales voies de migrations d’Europe (la voie est-atlantique ou ouest-paléarctique), ces sites N2000 joue un rôle important comme zone de repos pour les oiseaux migrateurs ou d’hivernage pour ceux qui choisiront d’y rester quelques mois avant de remonter vers leurs sites de reproduction au retour de la belle saison.
En période internuptiale, les oiseaux d’eau côtiers recherchent des ressources alimentaires accessibles en quantité sur les zones découvrantes. En effet, lors des périodes migratoires et hivernale (période internuptiale), les vasières, estrans, herbiers et prés salés situés dans les réserves naturelles offrent une ressource alimentaire abondante et sont, par conséquent, prisés des oiseaux.
Pour pouvoir s’alimenter et se reposer, les oiseaux côtiers ne doivent pas subir de dérangement actif (lorsque les activités humaines les effarouchent) ou passif (lorsque la seule présence humaine dissuade leur venue). Les zones de repos ou reposoirs de ces oiseaux comprennent des reposoirs de marée haute, les fonds de bais, estrans sablo-vaseux et quelques îlots marins. Pour les oiseaux non nicheurs, la zone fonctionnelle se divise en zones de repos et zones d’alimentation.
Il est important de limiter les pressions sur ces zones d’alimentation en sensibilisant les usagers, professionnels ou de loisirs, au besoin de quiétude des oiseaux.
Quant aux oiseaux marins, grands voyageurs du large, ils se nourrissent et se reposent en mer, loin des côtes.
Reposoirs/zone de repos des oiseaux non nicheurs
Les zones de repos ou reposoirs des oiseaux non nicheurs comprennent des reposoirs de marée haute, les fonds de bais, estrans sablo-vaseux et quelques îlots marins.

Les sites concernés sont classés en trois d’importance (niveau 1-très fort ; niveau 2-fort ; niveau 3-moyen). Les zones de niveau 1 (enjeu très fort) regroupent les reposoirs de marée haute de grande importance, intégrant, lorsque possible, un seuil numérique qui correspond notamment aux seuils national ou international de l’enquête Wetlands International. Le niveau 2, (enjeux forts), correspond aux reposoirs secondaires (intermédiaires) ainsi que quelques îlots. Le niveau 3 (enjeux moyens), correspond aux petits reposoirs locaux mis en évidence par les suivis de terrain, avec une densité d’oiseaux non nicheurs moins importante que sur les autres sites.
Niveau 1 : l’estran sablo-vaseux du fond de baie de Saint-Brieuc et la plage de Bon Abri notamment pour les milliers de limicoles et anatidés contactés en hiver sur les sites. L’Amas du cap notamment pour les reposoirs de cormorans et goélands et enfin l’Ile de la Colombière concernant les cormorans, Huîtrier pie, sternes, laridés.
Niveau 2 : des reposoirs majeurs pour les oiseaux d’eau (limicoles, Bernaches cravants, laridés) en fond de baie, au sein de la réserve. Elles englobent également une vaste zone maritime entre Morieux et Pléneuf-Val-André, essentielle pour le Puffin des Baléares, ainsi que des plages et cordons de galets, habitats privilégiés des Bécasseaux sanderling, sternes et laridés, principalement sur les communes de Lamballe-Armor et Pléneuf-Val-André. De vastes espaces maritimes au large d’Erquy, fréquentées par les cormorans, laridés et limicoles. Une autre zone, située au large du cap Fréhel et s'étendant jusqu'à la limite de la ZPS, est particulièrement concernée par la présence du Puffin des Baléares. Les autres zones de niveau 2 sont plutôt associées à des milieux littoraux, à l’image des vasières, prés salés, ports (Pléboulle, Plévenon) et la carrière de Fréhel, favorables aux limicoles, anatidés, laridés. Un boisement, également évalué de niveau 2, est utilisé comme dortoir pour le Héron garde-boeuf (une restriction d’usage nocturne est préconisée sur ce site). Enfin, une zone maritime de niveau 2 s'étend vers le nord en raison de la présence du Puffin des Baléares. Deux groupes d’îlots marins, situés au large de Saint-Jacut-de-la-Mer (La Loge, La Roche aux Grands et la Margatière, la Grande Roche), sont également concernés pour les oiseaux migrateurs, notamment l’Huîtrier pie et le Courlis cendré. Les autres zones de niveau 2 se trouvent sur le littoral, à l’estuaire de l’Arguenon et dans la baie de Beaussais, où elles constituent des habitats essentiels pour les limicoles et les anatidés.
Niveau 3 : Les zones littorales étendues sur Erquy, le fond de baie de la Fresnaye et de Beaussais-sur-Mer, l’estuaire du Frémur et également l’archipel des Ebihens.
Liste des oiseaux concernés :
| Nom français | Nom latin |
| Avocette élégante Barge à queue noire Barge rousse Bécasseau maubèche Bécasseau sanderling Bécasseau variable Bécasseau violet Bécassine des marais Bécassine sourde Bernache cravant Bernache nonnette Canard pilet Canard siffleur Chevalier gambette Combattant varié Courlis cendré Courlis corlieu Fuligule milouin Fuligule milouinan Fuligule morillon Grand Cormoran Grand Gravelot Gravelot à collier interrompu Grèbe à cou noir Grèbe esclavon Guifette noire Harle huppé Huîtrier pie Macreuse brune Macreuse noire Océanite tempête Plongeon arctique Plongeon catmarin Plongeon imbrin Pluvier argenté Pluvier doré Puffin des Baléares Sarcelle d'hiver Spatule blanche Tadorne de Belon Tournepierre à collier Vanneau huppé | Recurvirostra avosetta Limosa limosa Limosa lapponica Calidris canutus Calidris alba Calidris alpina Calidris maritima Gallinago gallinago Lymnocryptes minimus Branta bernicla bernicla Branta leucopsis Anas acuta Anas penelope Tringa totanus Philomachus pugnax Numenius arquata Numenius phaeopus Aythya ferina Aythya marila Aythya fuligula Phalacrocorax carbo Charadrius hiaticula Charadrius alexandrinus Podiceps nigricollis Podiceps auritus Chlidonias niger Mergus serrator Haematopus ostralegus Melanitta fusca Melanitta nigra Hydrobates pelagicus Gavia arctica Gavia stellata Gavia immer Pluvialis squatarola Pluvialis apricaria Puffinus mauretanicus Anas crecca Platalea leucorodia Tadorna tadorna Arenaria interpress Vanellus vanellus |
Zones d’alimentation des oiseaux non nicheurs
Les zones d’alimentation des populations d’oiseaux non nicheurs concernent principalement les fonds de baie et estrans sablo-vaseux (tout comme pour les reposoirs) mais plus largement de nombreuses zones maritimes d’alimentation des oiseaux marins.

Les sites concernés sont classés en deux niveaux d’importance (niveau 1-très fort ; niveau 2-fort)
Niveau 1 : fond de baie de Saint-Brieuc, de la pointe des Guettes ou de la Plage de Bon Abri, accueillant nombre de limicoles et anatidés qui viennent s’alimenter dans les estrans sablo-vaseux. Entre le cap Fréhel et le port de Saint-Cast-le-Guildo pour l’alimentation des alcidés, cormorans, puffins, sternes, laridés. Les sites à herbier de zostère, à marée basse, pour les anatidés (Bernache cravant) et les limicoles.
Niveau 2 : quasiment toute la Réserve est concernée ainsi que la baie de Morieux, notamment pour les oiseaux d’eau (limicoles et anatidés), la zone maritime de la baie de Morieux pour l’alimentation du Puffin des Baléares, la plage de Saint Pabu ainsi que le port d’Erquy pour les laridés (Mouette mélanocéphale, Mouette rieuse, sternes, Harle huppé, Grèbes, etc.). Le littoral, entre Saint-Michel à Erquy, pour les grèbes, plongeons, cormorans ou encore laridés hivernants, les Marais des salines ou le fond de baie de la Fresnaye pour les anatidés et limicoles. Une zone de niveau 2 est également maritime, au sens large, entre Erquy et la baie de la Fresnaye pour l’alimentation du Puffin des Baléares. La baie de Beaussais et son marais concernant les limicoles et anatidés (notamment pour la Bernache cravant) et la baie de l’Arguenon, au niveau de l’estuaire, pour les anatidés et limicoles et plus au large les grèbes, plongeons et macreuses.