Habitats élémentaires
Bancs de sables (1110) ➔ Sur le site, les sédiments grossiers dominent. Il s’agit le plus souvent de sédiments constitués d’une matrice sableuse dominante contenant des coquilles de bivalves plus ou moins fragmentées en quantité très importante et, localement, des fragments d’algues calcaires connues sous le nom de maërl.
Les estrans sableux occupent de vastes espaces dans les baies de Saint-Brieuc, de la Fresnaye, de l’Arguenon et de Lancieux. On les retrouve aussi ponctuellement entre deux formations rocheuses (ex: plages de Saint-Briac à Dinard). Désertes en apparence, les zones de sable fin du bas de l’estran sont pourtant le lieu d’une vie intense. Elles abritent en effet de nombreux animaux qui s’enfouissent dans les couches superficielles du sédiment. De grandes densités d’invertébrés tels que les vers marins Lanice conchilegaet Arenicola marina s’y développent. Elles servent de ressource alimentaire aux poissons plats et à plusieurs espèces d’oiseaux, notamment des limicoles. On y trouve également des bivalves filtreurs, tels que les praires, les palourdes, les coques ou les amandes de mer, particulièrement prisés par les pêcheurs à pied.
Cet habitat est impacté par les phénomènes de prolifération d’algues vertes (Ulva spp.) appelés « marées vertes ». En présence d’herbier, les activités de dragage et chalutage, l’ancrage de bateaux ou la pêche à pied récréative peuvent endommager voire détruire les herbiers ainsi qu’endommager les fonctionnalités de nourricerie. Enfin, il faut veiller aux travaux et aménagements qui peuvent accentuer la turbidité et réduire les apports de lumière.

Estuaire (1130) ➔ Les dépôts sableux plus fins sont principalement concentrés près de la côte, au niveau des baies et des havres. Ce sont les sédiments les plus mobiles. Les particules les plus fines se concentrent dans les fonds d’estuaires, des espaces intimement liés aux débouchés des fleuves côtiers. Dans ces écosystèmes «estuariens», les apports d’eaux douces du bassin versant assurent un renouvellement important des apports nutritifs, favorisant un développement du plancton et des végétaux supérieurs à celui de la mer ouverte entrainant des densités élevées d’organismes les consommant. Ils sont aussi mis à profit par tout un cortège d’organismes marins, qui viennent s’y nourrir, s’y abriter ou s’y reproduire.
Cet habitat est sensible aux contaminants et à l’eutrophisation. Il convient de veiller à maintenir les échanges latéraux de l’estuaire en limitant l’endiguement latéral et limiter les travaux récurrents de dragage ou d’extraction de sable.

Replats sableux ou boueux (1140) ➔ Cet habitat se présente sous forme de vastes étenduessableuses de très faible pente. L’estran passe par des alternances d’immersion et d’émersion en fonction du régime marégraphique.
Habitat à forte valeur écologique et biologique étant donné le nombre et l’abondance des espèces concernées.
La base du réseau trophique repose sur la présence abondante de petits crustacés trouvant nourriture dans la mince couche d’eau à marée haute (phytoplancton, détritus) et présentant un développement rapide. Ces populations abondantes de crustacés, polychètes et bivalves constituent une source de nourriture importante pour les poissons et les crustacés à marée haute, et les oiseaux à marée basse. Deux espèces sont caractéristiques de cet habitat: le Bécasseau sanderling (Calidris alba) et le Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus). Cet habitat est Directement menacé par l’eutrophisation (prolifération massive d’algues vertes),l’exploitation intensive de ces ressources (ex : pêche à pied mal régulée), le tassement par le roulage, les déchets et les contaminations de toute nature.

Lagunes (1150) ➔ Ces étendues côtières d’eau salée correspondent le long des côtes basses à des zones humides ou des marais côtiers.
L’abondance d’invertébrés constitue la base alimentaire de nombreux poissons (anguilles, bar, flet mulet, etc.) effectuant tout ou partie de leur cycle biologique dans les lagunes.
Les oiseaux sont exceptionnellement bien représentés. Résidents ou de passage, ils utilisent cet habitat comme aire de nourrissage, lieu de ponte ou de repos. Parmi ceux-ci figurent des Ardeidés, des Anatidés, des Laridés, des Rallidés, mais aussi des Cormorans, des Grèbes, de nombreux limicoles, etc.
Les lagunes sont sensibles à l’urbanisation, le développement d’activités touristiques et l’assèchement au bénéfice de surfaces agricoles (culture ou élevage).

Baies peu profondes (1160) ➔ Situé dans les milieux abrités à proximité de massifs rocheux, cet habitat hétérogène correspond à des zones ou les conditions hydrodynamiques et la dispersion des sédiments sont faibles, ce qui permet un dépôt de particules fines en mélange avec les sables et graviers. Cet habitat peut présenter une faune abondante mais peu variée.
La crépidule, présente en bancs sur cet habitat, reste une menace sur ces fonds, créant une modification du milieu physique et un envasement progressif des sédiments.

Récifs (1170) ➔ Représentés surtout sur le littoral breton et sur les iles et archipels , les estrans rocheux comptent parmi les écosystèmes marins les plus diversifiés du golfe. Leur structure complexe offre en effet aux espèces animales et végétales des conditions de vie très variées en fonction de la nature des roches, de l’exposition au courant et aux vagues, de la profondeur et de la couverture algale, qui, elle-même, structure différents habitats. Des mollusques, des oursins, des juvéniles de crustacés et autres petits poissons de roches, comme les blennies ou les gobies, y évoluent ainsi, parmi les algues et les éponges fixées aux roches.
Les récifs immergés de grès, de schiste ou de granit ponctuent le paysage sous-marin de la zone côtière. On les rencontre au large du cap d’Erquy, du cap Fréhel mais également au large des pointes de Saint-Cast, du Chevet, et dans le prolongement des falaises et îles et ilots . Ils abritent une faune et une flore distincte de celle des sédiments meubles. Invertébrés, crustacés et poissons s’y concentrent, ce qui en fait des lieux particulièrement prisés par les plongeurs et les pêcheurs.

Grottes marines submergées ou semi-submergées (8330) ➔ Une grotte marine est une cavité dont l’entrée est dégagée sur la mer. Les grottes sont présentes dans différents types de falaises rocheuses, avec toutes les expositions possibles face aux houles et aux vents, et vont du petit creusement de falaise à la grande caverne inexplorée. Elles sont très présentes au pied des falaises de Fréhel.
Les apports de déchets constituent la principale pression.
