Poissons amphihalins

 

Les estuaires : des corridors et des zones de concentration pour les poissons migrateurs amphihalins

Les espèces présentes ➔ Symboles vivants de l’interconnexion entre la mer et le bassin versant, les poissons amphihalins passent une partie de leur cycle de vie en mer, l’autre en eau douce. Le saumon atlantique, la truite de mer, les lamproies marine et fluviatile ou encore les aloses vraies et feintes préfèrent les eaux douces des rivières pour se reproduire mais vivent une partie de leur vie adulte en mer. Chaque année, leurs juvéniles descendent les cours d’eau où ils sont nés et poursuivent leur vie adulte dans l’océan. L’embouchure des estuaires des petits fleuves côtiers (Le Gouet, Le Gouessant , La Flora, L’Urne, l’Arguenon, le Drouet, Le Frémur, Floubalay) constituent des portes d’entrée vers les eaux douces ou de sortie vers la mer. Sur le site N2000, les juvéniles de la grande alose effectuent des allers-retours en estuaire durant les 2 premières années de leur vie tandis que l’alose feinte n’est observé qu’en mer et en estuaire. Ces deux espèces font partie des espèces ayant justifié la désignation du site. Les estuaires constituent des zones de stationnement et de concentration en attente des conditions optimales pour leur migration qui dépendent des conditions environnementales (température de l’eau, taux d’oxygène, turbidité, coefficient de marée). D’autres espèces d’amphihalins sont également signalées, Les lamproies (marines et fluviatiles), les civelles (jeunes anguilles) remontant en eau douce et les anguilles adultes dévalant les cours d’eau se croisent en estuaire à la fin de l’été. Le saumon est présent sur le Gouet, le Gouessant et l’Arguenon. En mer, ces espèces sont toutes présentes mais très dispersées, d’autant que les effectifs de ces populations ont diminués ces dernières années.

Etat de conservation ➔ Au titre de l’évaluation Natura 2000, l’état est considéré comme « mauvais » pour tous les poissons amphihalins. Autrefois abondantes, les populations des espèces migratrices amphihalines sont aujourd’hui menacées. Depuis plusieurs décennies, elles subissent un fort déclin et figurent sur la liste rouge en France métropolitaine de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) en tant qu’espèce « vulnérable », « en danger », ou, pour la grande alose, l’anguille européenne et l’esturgeon européen « en danger critique d’extinction ». Le saumon atlantique est lui considéré comme « quasi-menacé ».

Pressions- impacts ➔ Les amphihalins sont particulièrement impactés par les ruptures de continuité écologiques (barrages, seuils, écluses, pompage) limitant ou bloquant la libre circulation vers les zones fonctionnelles (frayères, nurserie, zones d’alimentation, etc.) qu’elles soient en mer ou en rivière, la dégradation de la qualité de l’eau et des habitats par les activités terrestres et maritimes, les captures accidentelles ou dirigées et plus récemment le changement climatique, qui modifie les aires de répartition des espèces et les dates de migration.